Nest est compatible Logitech Harmony : les installateurs domotique face à un dilemme

harmony works with nest

Après la compatibilité IP avec Sonos et la compatibilité Bluetooth avec l’Amazon FireTV il y a quelques jours, c’est au tour du thermostat Nest ! Le fameux thermostat connecté entré dans le giron de Google pour plus de 3 milliards de Dollars ouvre officiellement son API au public. Et Nest va même plus loin en créant la compatibilité « works with Nest« . Tout produit ou objet connecté présentant ce logo est capable de piloter et de dépendre du thermostat sans aucune programmation. La télécommande Harmony Ultimate peut donc piloter le thermostat pour changer de température directement depuis son écran. On peut évidemment affecter une température ou un mode à un scénario type « home cinema ». Comme on a aussi les lampes Philips Hue dans l’Harmony, ça commence à devenir assez complet !

La domotique haut de gamme mise à la marge

Cette nouveauté pose à nouveau la problématique des produits d’automation et de domotique haut de gamme, face aux produits grand public. Depuis des années, les programmeurs de systèmes Crestron, RTI et équivalents se battent pour contrôler du Sonos, alors que Sonos a décidé de ne donner aucune information. Aujourd’hui, une télécommande Harmony à 119 € peut piloter d’origine du Sonos, sans aucune programmation ! On retrouve la même mécanique avec Nest : aucune ouverture jusqu’ici, et tout à coup, qui devient partenaire officiel ? Les télécommandes Harmony à nouveau. Pour Sonos comme pour Nest, des télécommandes dix fois plus chères qu’Harmony sont incapables d’en faire autant. Et pour remuer le couteau dans la plaie, terminons avec l’Amazon FireTV qui se pilote en Bluetooth : aucun produit d’automation haut de gamme ne peut la piloter car le Bluetooth ne fait pas partie de leurs équipements, et là encore, Harmony sait déjà le faire.

Un énorme fossé entre la domotique entrée de gamme et le très haut de gamme ?

Alors on pourrait se dire que l’intégrateur n’a qu’à proposer des produits plus haut de gamme que Philips Hue, Sonos ou Nest, afin de continuer à vendre la prestation de programmation complexe qui va avec. Sauf que cela ne fonctionne plus avec tous les clients. Ces produits connectés sont tellement visibles aujourd’hui que les clients finaux ne veulent pas des produits obscurs dont ils n’ont jamais entendu parler : ils veulent du Sonos, ils veulent un thermostat Nest. Lorsqu’ils ont choisi Sonos et Nest, comment justifier des télécommandes hors de prix qui vont les piloter de façon unifiée, alors qu’une télécommande à 300 € sait le faire à la perfection. Faut-il continuer à vendre de la prestation pour de la prestation, quitte à ne pas offrir la meilleure solution à ses clients ?

Pour aller encore plus loin dans cette réflexion et dans une recherche optimale du confort, Nest est compatible avec les systèmes embarqués des Mercedes : lorsque le GPS sait que vous vous approchez de la maison, le thermostat passe de la température éco à la température de confort. C’est une feature typique qui va forcément intéresser les clients de la domotique milieu et haut de gamme ! Comment leur expliquer qu’un thermostat à 249€ sait le faire, que ce même thermostat saura simultanément envoyer tout seul l’ordre à d’autre produits « works with Nest » pour allumer la lumière de l’allée et ouvrir le portail, mais que faire discuter une voiture connectée avec un système d’automation « haut de gamme » est impossible ?

Il subsistera toujours des systèmes domotique très haut de gamme pour des clients qui ne se soucient pas des produits ni du budget. Mais pour les clients milieu de gamme auxquels s’adressent les petits systèmes d’automation, comment les justifier face à des produits désirables qui savent déjà parler ensemble en quelques minutes sans l’aide d’un installateur ?

5 commentaires

  1. Salut Alban,
    Je pense simplement que les intégrateurs doivent s’adapter au marché qui évolue. Et non seulement les intégrateurs, mais également les fabricants de systèmes haut de gamme.
    Les uns comme les autres, s’il veulent survivre dans l’avenir, il va falloir qu’il s’adaptent. C’est mon avis en tout cas.

  2. Tu résumes très bien la situation ! L’adaptation ne va pas être simple, mais il ne faudra pas la rater.

    Je pense qu’il y aura toujours de la place pour les solutions filaires AMX, Crestron ou KNX que l’on installe dans les murs, à la construction. Par contre, pour tout ce qui vient ensuite, comme RTI, URC ou Control4, j’en suis beaucoup moins sûr…

  3. Salut je ne vois pas trop pourquoi control4 ne pourrait pas survivre? Je trouve justement que c’est beaucoup plus ouvert que du crestron par exemple, ça communique tres bien avec le sonos, il y avait un driver pour le nest qui a été retiré mais depuis que la politique nest a changé je pense qu il va revenir très vite, ca fonctionne hyper bien avec le KNX, la liste est tres longue pour les drivers pour étendre les fonctionnalités tres rapidement sans passer des heures de prog mais la je t apprend rien. Certe tout les produits control4 ne sont pas pertinent en france.
    Pour ton exemple mercedes/nest on peut tres bien le faire facilement avec du control4 et sans mercedes à 80000€ ni nest!(et pas qu avec du control4 non plus)
    Oui les produits comme nest sont innovent, mais pas forcément raccord avec un système de chauffage global. Avec un seul thermostat pour toute la maison… c’est loin d’être le plus économique et surtout confortable. Lorsqu il y aura le meme produit capable de me gérer 5 ou 6 zones de plancher chauffant avec donc 5 ou 6 nest en réseau gérable sur une même interface, mais je me trompe peut etre… j’ai pas testé le produit

  4. Salut,

    Je ne critique pas la qualité ni les possibilités des produits Control4 que je connais effectivement très bien. La question est plus sur le positionnement entre deux : ni très haut de gamme, ni grand public. A mon avis, les petits installations Control4 disparaîtront au fil du temps pour ne laisser que les plus grosses.

    Pour la compatibilité Sonos, c’est à travers un driver basé sur du reverse engineering, comme chez RTI, Crestron et les autres. Alors qu’avec Harmony, c’est de la collaboration officielle. Tous les drivers non officiels sont susceptibles de ne plus fonctionner d’un jour à l’autre.

    Pour Nest, idem, le premier driver existant n’était pas officiel et Nest l’a fait retirer. Avec l’API, ce sera plus simple. Mais entre les deux, Nest a quand même collaboré avec Harmony et Control4 officiellement pour avoir un driver. C’est très bien pour Control4 ok, mais notez que l’autre c’est Harmony, pas Crestron, URC, RTI ou Savant.

    Pour revenir sur l’exemple Mercedes, oui on peut faire du pilotage depuis sa voiture, on peut faire du geofencing avec l’iPhone, ok. Mais ça c’est de la bricole ou de l’intégration, il faut que tu le configures pour ton client. Alors qu’avec works with nest, le client voit Nest dans les menus de sa voiture, il voit Nest chez Darty (j’anticipe), il achète, il entre l’identifiant du Nest dans la voiture, hop terminé. Ce qui valait auparavant des heures de conception, de programmation et qui faisait la force de l’intégrateur est dans ce cas précis réduit à néant. Des cas comme ça, il va forcément y en avoir des tas d’autres.

    On est d’accord que le Nest n’est pas adapté au marché français : pas de multizones, pas de fil pilote, pas de vannes thermo. C’est ultra limité au simple contacteur marche/arrêt d’une chaudière. Mais comme il y a paraît-il un modèle prévu pour le marché français dans le pipe, attendons de voir !

    Bref, je donne des exemples qui ne s’appliquent pas forcément à la lettre aujourd’hui, mais à surveiller dès maintenant car ils pourraient bien faire bouger les lignes demain.

  5. …Mouhai….Piloter un Sonos avec une Teleco Harmony,Crestron,RTI,ou autres c’est toujours aussi chiant que de zapper de chaine TV avec son Ipad….;-)

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