Votre maison connectée presque gratuite, un business model innovant par Ube

ube myubeDepuis des mois, on annonce (enfin) le développement au sens large de la domotique grâce au tout sur IP. Plutôt que d’avoir des produits avec chacun leur mode de communication, en infrarouge, en RS232, en ZigBee, en Z-Wave, il est certain que si tous pouvaient parler un langage un peu plus universel, la programmation serait plus simple, donc le coût moindre, et la clientèle plus large. La fameuse démocratisation de la domotique.

Vers le tout sur IP

Sauf que cette avancée tant attendue est en train de complètement chambouler le marché de la domotique et de la maison connectée en général, et par là même de bousculer les acteurs déjà en place. Pouvoir piloter tout en IP simplifie tellement les choses, que les contrôleurs domotique deviennent inutiles. Puisqu’un smartphone ou une tablette sait déjà parler en IP via le WiFi, pourquoi devrait-elle passer par un intermédiaire que serait un contrôleur domotique ? Pourquoi ne pas parler directement avec les appareils à contrôler ?

Un véritable changement

C’est ce que propose Utz Baldwin à travers sa nouvelle société ubē (www.myube.co). Utz est le précédent CEO du CEDIA, l’association mondiale des intégrateurs audio/vidéo et domotique. Avant de passer 3 ans à ce poste, il a dirigé AD Systems durant 17 années, une société d’intégration. Il connait donc parfaitement le marché de l’intégration et de la domotique, ainsi que les intégrateurs comme les fabricants de matériel. Il avoue lui-même que les solutions actuelles sont encore trop complexes, trop chères et qu’elles ne s’adressent toujours pas au plus grand nombre.

ube iphone

Aucun contrôleur et une application gratuite

ubē repose sur une application gratuite pour smartphone et tablettes. Cette application pourra contrôler des dizaines d’appareils sur IP. Au lancement, ce sont déjà 200 appareils déjà présents dans la base. Ce pourront être des téléviseurs connectés, des amplificateurs home cinéma, des lecteurs de Blu-ray, de l’électroménager, des thermostats, des stations météo, des serrures motorisées et toutes autres sortes d’objets connectés. ubē proposera une base où il suffira de sélectionner les appareils que l’on possède pour les ajouter dans l’application. Bien entendu, toutes les fonctions de scénarios, de conditions et d’automatismes sont prévues.

ube devices

Pour les appareils qui seraient dépourvus de connectivité, ubē prévoit déjà un variateur, une prise commandée et un interrupteur. tous trois communiquent en WiFi et embarquent une intelligence basée sur Android. En complément de tout ce qui est déjà sur IP, ces trois éléments permettent d’allumer et d’éteindre n’importe quoi, de faire varier tous les luminaires, et de rendre intelligents tous les interrupteurs.

Le business model

L’application est gratuite, les modules coûteront environ 60 $ pièce, et un abonnement d’un montant de 20 $ annuel suffira à avoir accès au service pour configurer son système. La configuration est stockée dans le cloud bien entendu (comme c’est le cas aujourd’hui chez Harmony ou OnControls par exemple). Alors comment la société ubē va pouvoir se développer ? Pour commencer, ils ont trouvé le financement initial en début d’année. Ils viennent de présenter la solution à la conférence Demo et ils ont remporté le premier prix accompagné d’un chèque de 1 million de dollars ! Enfin, ubē va être présenté sur Kickstarter, pour voir ce qu’attendent les acheteurs potentiels.

Mais la finalité de tout cela dans ce modèle quasi gratuit, c’est de stocker, d’analyser et de revendre toutes les données des utilisateurs du service : habitudes, consommation, produits, etc. ubē assure que les données seront commercialisées de façon totalement anonyme. Le résultat, ce seront des publicités parfaitement ciblées et utiles qui apparaîtront dans l’application : « le moteur de votre frigo est en train de rendre l’âme, nous sommes une société de réparation proche de chez vous, nous vous proposons de venir voir cela », « les filtres de votre hotte doivent être changés, voici notre offre », etc.

La disparition de la domotique d’aujourd’hui

Ce type d’offre, qui plus est poussée par une société qui a les moyens de ses ambitions et dirigée par un spécialiste de la maison connectée, va forcément se développer. La domotique change de mains et passe chez ces nouveaux acteurs que sont ubē, SmartThings, Belkin, LIFX, Lockitron, ADT Pulse, Nest, … La liste est de plus en plus longue chaque semaine, mais les acteurs traditionnels de la domotique en sont désespérément absents. Si l’on pouvait imaginer le futur du marché de la maison connectée en sa basant sur l’activité actuelle, on pourrait imaginer que toutes ces nouvelles sociétés vont réussir haut la main le pari de la démocratisation de la « domotique », alors que les sociétés déjà établies vont devoir s’arracher les unes aux autres le très restreint marché du très haut de gamme. A suivre…

15 commentaires

  1. Bonjour,

    Ca semble tres interressant ! juste un detail, mais les 20$, ca correspond à l’abonnement pour l’installation ou pour l’utilisation du service ?

    Merci

  2. ce qui me dérange là dedans c’est le coté stockage dans le cloud …
    si on a une coupure réseaux, on fait quoi ?

    et puis en gros on achète du matériel, mais dont on ne peut rien faire sans le site x ou y

    ça me fait penser à feu violet et son nabaztag. et quand on repense à toutes les difficultés qu’ont dus subir les utilisateurs avec les différentes reprise … très peu pour moi

    l’idée du tout sur IP et séduisante, mais pas sous cette forme

  3. Toujours et toujours devoir se connecter a internet, hors de question pour moi je rejoins @Ldo avec Violet et le karotz (inutilisable si plus de connexion internet …)

    idem pour : l’idée du tout sur IP et séduisante, mais pas sous cette forme

  4. J’aurais du préciser dans mon texte en donnant les exemples d’Harmony et de OnControls : la configuration se fait dans le cloud. Mais une fois celle-ci enregistrée dans le smartphone, la connexion Internet peut même être coupée. Le système fonctionnera parfaitement puisqu’il est basé sur le principe du smartphone qui communique en direct avec les appareils en IP à piloter.

    L’avantage est qu’il n’y a pas de logiciel à télécharger. Aucun risque de perdre ses fichiers de configuration en cas de crash de son ordinateur. Et on peut configurer et modifier son système depuis l’application directement sur le smartphone, ou encore depuis n’importe quel ordinateur avec un navigateur web.

    Après, la société peut évidemment disparaître, mais la perte sera minime (20 $ par an), même pas les prises commandées puisque étant sur IP elles seront toujours pilotables par un autre système, et on passera à un autre système concurrent ou équivalent.

  5. effectivement dans ce cas là, ca parait plutot mieux.
    as t on des des exemple de société qui commercialisent (en france ca serait un plus) leur solution ?
    a ce jour, je ne vois que des société qui essai de trouver des sponsor… mais rien de bien concret…

  6. Le concept peut faire réfléchir en effet, mais j’y vois (au moins) deux points négatifs:

    – Je ne suis pas sûr d’avoir envie d’être toujours davantage la cible des multiples annonceurs… sur le papier c’est pour nous proposer des services qui peuvent nous être utiles… en pratique, ce sera surtout pour tenter de nous vendre du service dont on aurait aussi pu se passer… Bref, on est déjà submergé par la publicité, je n’ai pas envie d’en avoir toujours plus ! 🙂

    – Concernant le tout IP, c’est intéressant… mais pas le tout IP sur Wifi… D’une part le Wifi consomme nettement plus que du Zigbee ou du ZWave… D’autre part, quid de la sécurité ? On sait tous que les réseaux Wifi peuvent être très facilement cracké par les hacker/voleurs de tout poil…

    Bref… belle idée, mais pour laquelle il est bon de se poser pour bien réfléchir à l’ensemble des tenants et aboutissants.

  7. Et puis concernant le cloud, il convient de ne pas oublier que faire reposer sa domotique sur un service connecté revoent en gros à filer les clés de chez soi à un inconnu. Et à un inconnu dont on ne sait pas s’il ne va pas laisser trainer vos clés à la porté du premier rigolo un peu pirate sur les bords …

    Très peu pour moi. Le marché doit évoluer vers un forfait d’entretien local de l’installation comme une chaudière ou un ramonage, sinon, on (enfin, les clients de ce genre de solution) va dans le mur à moyen ou long terme.

  8. Depuis quelques temps je peux lire sur votre blog de plus en plus d’article surces nouveaux acteurs de la « domotique » a base de cloud et de wifi ….
    Je trouve dommage en vous lisant que vous ne developpiez que les aspects positifs ( facile a installer, pas cher).

    Quid de la conso, de la fiabilite, rendre un habitat integralement dependnant de reseau wifi… Il faut pas etre tres malin. Coupur de routeur ethop le noir total plus de tv ….

    Cela ne me semble pas serieux ou alors encore de facon gadget…

  9. Ca me semble très gadget aussi. Niveau de sécurité qui a l’air très faible (WiFi), pb de transmission des ordres si jamais la maison est assez vaste (murs, canalisations, etc, qui freinent la transmission des ondes Wifi). Du coup, si vous utilisez votre SmartPhone pour donner l’ordre de fermer à clé la porte de la maison, alors que vous êtes dans le garage, vous n’êtes pas sûr que l’ordre et est exécuté ! Ou alors le système est bidrectionnel à retour d’état ? (je ne sais pas) Mais ça doit dépendre du device.
    Enfin, 200 devices compatibles, c pas beaucoup en fait. ET faudrait voir lesquels.
    Personnellement, je préférerai faire une installation utilisant la norme Z-Wave : plus de sécurité, moins de conso d’énergie pour les dispositifs, réseau maillé pour garantir la transmission des ordres, bidirectionnel à retour d’état (donc je sais si ma porte est fermée ou pas).
    Même si le Wifi peut paraitre une bonne idée du fait de sa simplicité, il pose de sérieux pb pour la sécurité.
    Ceci dit, merci pour l’article.

  10. Si je comprends bien d.un point de vue technologie, leur invention se résume à avoir créé trois modules qui intègrent une puce wifi ? (Prise, interrupteur et variateur).

  11. gtoto >

    ube n’est pas encore commercialisé, donc pas de piste pour la France. Mais étant donné leur business model basé sur la publicité, ils vont se concentrer sur les USA avant tout.

    tigrosaure, Archizor, SuperGreen >

    Les produits Z-Wave ou ZigBee sont pour l’instant des produits pour les geeks. Je ne critique pas leurs performances, mais leur visibilité. Pour le grand public, le sans fil c’est le WiFi.

    Un ordinateur parle en Wifi, une tablette, un smartphone, un player réseau, un amplificateur home cinema, un téléviseur connecté, un thermostat Nest, une station météo Netatmo, les lampes LIFX, les cartes Arduino, etc.

    Après, il peut y avoir pour une famille de produits données des modules Z-Wave qui communiquent avec une passerelle WiFi, qui elle-même est reconnue par le système ube. Mais il faut que ce soit transparent pour l’utilisateur final grand public pour que ça prenne.

    Sinon, on risque de rester dans la situation actuelle de la domotique ad vitam eternam, pour les particuliers aisés d’un côté, et pour les geeks/bidouilleurs/programmeurs de l’autre.

    En Z-Wave, c’est plus compliqué mais on peut aussi hacker un réseau ! Et même en utilisant un système domotique basé sur une Vera ou une Zibase avec uniquement des modules Z-Wave, si votre interface est votre smartphone, si le WiFi est down, pas de pilotage possible. Pareil pour le KNX, si l’alimentation tombe en panne, plus de domotique du tout. Pareil en Crestron, AMX et autre, si le contrôleur central tombe, plus aucun contrôle possible. Il n’y a pas vraiment de solution idéale.

    Alors pour développer la domotique vers le grand public, autant partir sur la solution la plus simple possible, même si elle doit faire, pour l’instant, quelques concessions sur la sécurité WiFi. La force de l’intégrateur domotique, ce sera peut-être d’installer chez le client un WiFi robuste à partir de produits de qualité en passant outre le WiFi de la box, des produits du style Ruckus ou sur mesure avec OpenWRT.

    Olivier >

    Je pense que la partie modules est accessoire. Le cœur de leur invention, c’est une application de pilotage autonome, programmable par l’utilisateur et utilisant les outils du web (à la IFTTT).

    L’application génère automatiquement les interfaces selon les appareils que l’on déclare, ce qui est donc à la portée de n’importe qui. Et comme l’application ne pilote que des appareils IP (ou des appareils sur un protocole X à travers une passerelle IP vers ce protocole X), pas besoin de contrôleur domotique intermédiaire. De son côté, ube va devoir maintenir à jour une base la plus large possible de produits IP.

    Les solutions les plus proches d’ube à ce jour :

    – génération automatique d’interfaces selon ses appareils mais avec un contrôleur : eeDomus, Fibaro, Zibase, Lifedomus, URC

    – pilotage possible sans contrôleur central, mais sans les interfaces générées automatiquement : OpenRemote, OnControls

  12. Merci pour votre retour,

    Mais nous sommes d’accord, qu’entrre la chute d’une alim KNX (dont certaines sont « redondable » ou sur batterie) remplace en 3 min par une personne qualifie, le risque dese retrouve dans le noir, sans chauffage, pendant plus de 24h si la société formule un sav adequate( d’autantque n importe Quel elec aujourd’hui peut remplacer une alim) est tres faible.

    Alors qu avec des produits pareils on promet mont et merveilles aux utilisateur en quête de la « maison du futur » à bas coût. Qui vont donc installer ca tout seul. Sans reflechir a la notion de SPOF. Et au vu de la qualite du reseau wifi des utlisateur que nous pouvons cotayer avant intervention, je ne donne pas 1 mois avant les premiers gros crash , puis un image de la Domotique qui qui subira forcement ce retour negatif.
    Quand on voit ce que les utilisateurs font avec facebook, imaginez vous avec leur maison.

    D’accord c’est trop cher en terme de produit aujourd’hui, mais je pense que comme pour de la plomberie ou de l electricite, cela doit se professionnaliser , augmenter la production pour baisser les coût, et ne pas s’orienter vers un gadget mais vers une veritable facon de penser son habitat.
    Peut etre quis-jeun peu reac! L’avenir nous le dira 🙂

    Pour conclure je ne suis pas fermé au solution DIY, Mais quand on voit la simplicité de configuration d un systeme x10. Je me dis que c la fiabilite qui a tué cette techno. Et pas son prix !

  13. C’est bien le concept que j’ai développé il y a 5 ans.
    Mais je ne suis pas le président du CEDIA pour en parler et en faire la promotion, hélas.
    Pour ceux qui bossent dans le domaine c’est une évidence depuis longtemps déjà : tout est informatique, y compris la télé, point !

    En effet, pourquoi continuer à s’embêter avec des éléments disparâtres, des technologies d’un autre temps, des protocoles en veux-tu en voilà ?
    Alors que l’Internet et ses protocoles ont prouvé leur efficacité depuis 30 ans maintenant (adoption de TCP/IP en 1983 sur Unix Berkeley) ?

    Pour être agréable aux actionnaires bien entendu.
    En effet, il est bien plus rémunérateur de s’écarter des standards que de les embrasser.
    Cela explique pourquoi le mobile n’est toujours pas un PC par exemple : la captivité du consommateur rapporte bien davantage.

    Pour ma part, la domotique se conçoit avec un contrôleur (un PC sous Linux), des modules hélas disparâtres aujourd’hui mais pour lequel l’application joue le rôle de proxy (j’ai du X et des PLCBus ainsi que du Zigbee [Libellum]) afin de rendre le tout homogène.
    Le tout se contrôle du bout des doigts via n’importe quel terminal disposant d’un navigateur (desktop, tablette ou smartphone).
    Ca c’est l’avenir : HTML5, javascript et CSS !

    Si, demain, quelqu’un vient avec des modules déjà IP (IPv6 bien sûr) je prends bien entendu afin de rendre encore plus homogène.
    Mais, sincèrement, le WiFi ce n’est vraiment pas la techno à adopter : trop gourmande, trop sensible aux interférences.
    Pour de la domotique, même grand public, c’est une grossière ERREUR.

    db

  14. Je pense que la WiFi va avant tout permettre de démocratiser la domotique, avec des objets simples, n’ayant pas forcément vocation à remplacer un système domotique dans sa totalité. Les prises commandées WiFi Belkin WeMo par exemple, c’est un premier pas. Rien n’empêche ensuite de les insérer dans un ensemble plus gros avec des produits Z-Wave, ZigBee ou autres.

    A la fin, le mode de pilotage en HTML5+JavaScript+CSS, c’est parfait, mais c’est bien en WiFi (avec une tablette ou un smartphone ou une télécommande intelligente) ou en filaire pour les claviers et écrans tactiles muraux. Tout peut donc très bien fonctionner en ZigBee, mais rester indisponible si le smartphone n’arrive pas à se connecter à un WiFi « instable ».

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