Test du récepteur audio multiroom WiFi Octavio : du bon et du moins bon

Test du récepteur audio multiroom WiFi Octavio : du bon et du moins bon

Octavio est à la fois la marque de cette nouvelle société française dans le monde de l’audio numérique et la référence de son premier produit. Je vous ai déjà parlé de ce petit récepteur audio WiFi car l’équipe m’en avait envoyé un prototype de pré-série il y a tout juste un an. Il est maintenant disponible et les personnes ayant participé à la campagne de financement ont reçu leur exemplaire cette semaine. J’ai reçu le mien ainsi qu’un deuxième en prêt pour tester la fonction multiroom. J’ai plusieurs choses à dire sur l’Octavio, il y a du positif et du négatif. Voici mon avis sur le produit final.

Un projet concrétisé grâce au financement participatif

J’ai suivi le développement de ce produit depuis près de deux ans. J’ai échangé plusieurs fois avec les créateurs, David et Victor. Ce qui m’a permis de tester le prototype. Lorsque la campagne de financement Kickstarter a été lancée, j’ai participé pour supporter le projet.

En tant que promoteur du multiroom et de l’audio connecté en général, il me semblait logique de supporter un projet français !

octavio test packaging

J’aurais bien aimé écrire en titre et en introduction de mon test de la version finale qu’Octavio était une réussite totale. J’aurais aimé écrire uniquement des choses positives à propos de ce streamer.

Mais je dois garder mon œil critique, même si j’apprécie l’équipe et le projet. Je ne peux pas passer outre les points qui m’ont gêné. En tant que lecteur de multiroom.fr, j’imagine que c’est ce que vous attendez de moi. Alors c’est parti.

Un mini boîtier au look sympa

Tout d’abord, le design a peu changé depuis le début de l’aventure. C’est quasiment le même que celui du prototype que j’ai eu entre les mains l’an dernier : un mini boîtier plastique qui donne tout de suite sa signature à la marque.

octavio test connexions
Octavio dans sa simplicité : deux touches, deux prises et un bouton pour le Bluetooth.

Les différences sont les suivantes :

  • sur le dessus, la touche mute a été remplacer par une touche play/pause
  • l’entrée audio de restream a été abandonnée
  • le port d’alimentation est passé du micro USB à l’USB-C plus actuel
  • le rétro-éclairage interne est concentrée sur le côté gauche du produit et non pas sur tout le produit

Ce ne sont que des bons points, mis à part la suppression de l’entrée audio. Ce choix a été expliqué dans la communication du projet. Il est vrai que c’est une fonction complexe que peu de concurrents proposent dans des produits très accessibles.

Découverte du packaging et de son contenu

Octavio a plutôt bien travaillé sa communication avec des mails plus ou moins réguliers pour tenir au courant les acheteurs. Le suivi de la livraison passe par une jolie interface pour savoir à tout moment où se trouve son produit.

octavio test communication
Le suivi de colis à prendre en exemple.

C’est rassurant sur ce point et j’aimerais voir cela plus souvent appliqué par d’autres vendeurs, même de la part de très grandes marques qui ne font pas autant d’efforts.

octavio test qrcode
L’Octavio prêt à prendre sa place.

Le coffret en carton noir est assez classique, même s’il existe des impression de meilleure qualité. C’est un détail, mais je regarde tout ! A l’intérieur, l’appareil est directement visible. Une fois retiré, on découvre un QR Code qui va permettre de télécharger l’application mobile.

octavio test qrcode2
Le QRcode pour récupérer l’application mobile.

En dépliant ce premier étage, des mots rassurants nous indiquent que l’on va bientôt profiter de la musique connectée chez soi. On soulève le deuxième étage pour découvrir :

  • le bloc d’alimentation
  • un cordon USB-A / USB-C
  • le cordon de qualité sélectionné lors de la commande (mini-jack optique/optique, mini-jack/RCA ou mini-jack)
  • le guide de démarrage
octavio test accessoires
Les accessoires et le guide de démarrage.

Et un petit message de remerciement de la part de l’équipe Octavio !

Jusqu’ici, je ne vois que du positif à part quelques petits détails sur la qualité du carton du coffret. Elle s’explique par l’usage de matériaux recyclés comme indiqué dans le guide.

octavio test guide demarrage
Un guide clair qui va à l’essentiel.

Dans ce même guide, Octavio met bien en avant la conception et l’assemblage en France. Mais aussi sur la garantie et la volonté de réparer un produit en panne plutôt que de le jeter et de le remplacer. L’idée de départ d’anti-obsolescence d’Octavio se retrouve bien ici, même si je la trouve globalement moins mise en avant.

D’une application originale à une application partagée déjà bien connue

La première déception intervient lorsque je branche l’Octavio sur le courant. Le rétro-éclairage en blanc dont je parlais précédemment est irrégulier. Il laisse apparaître les zones internes d’une façon peu esthétique. Si je suis honnête, je dirais que cela donne un aspect de produit pas terminé. Mais cela peut se corriger dans un prochain batch de production.

octavio test eclairage interne
Le rétroéclairage interne de l’Octavio assez approximatif.

La seconde déception, c’est lorsque j’ai téléchargé l’application mobile. Sur les premiers visuels de l’application lors de la campagne de financement, puis lorsque je l’ai reçu en pré-test l’an dernier, j’ai vu un design original et épuré.

Et là je m’aperçois qu’Octavio a finalement basculé sur la solution Linkplay. Cette société crée composants et applications prêts à l’emploi pour le multiroom destinés aux fabricants ne souhaitant pas effectuer ce type de développement en interne.

Linkplay est donc utilisé par de nombreuses autres marques. Par exemple : Advance Paris, Audiocast, Audio Pro, Marshall, NuPrime, Triangle, pour celles déjà passées entre mes mains.

octavio test app linkplay
L’app Octavio reconnaît les autres appareils compatibles Linkplay sur mon réseau : Audiocast M5, NuPrime Omnia et Marshall UxBridge.

Dans un récepteur audio numérique, le plus important, c’est l’application ! Surtout lorsqu’il n’y a aucune interaction ou presque sur le produit. C’est le cas de l’Octavio si l’on fait abstraction des deux touches sur le dessus.

Dommage, j’aimais bien l’esprit de l’application mobile originale qui aurait pu prendre des chemins différents de la concurrence et se différencier sur ce point essentiel en faisant encore mieux.

Mais là, l’Octavio devient très très proche de ses concurrents comme l’Audiocast M5 ou le Triangle AIO C par exemple. Ce sont deux lecteur audio réseau au format compact comme l’Octavio. Je les compare dans le tableau ci-dessous.

Audiocast M5Triangle AIO COctavio
Prix34,90 €139 €149 €
App Linkplayxxx
Spotify Connectxx
DLNAxxx
AirPlayx
Hi-Res 24/192x
Sortie analogiquexxx
Sortie numériquexx
Bluetoothx

L’Octavio a deux avantages majeurs sur ses concurrents directs : le Bluetooth et la lecture Hi-Res. Je suis partagé sur le Bluetooth, car je le vois plutôt comme un bonus. L’idée de ce produit est d’accéder aux services musicaux avant tout.

Le Bluetooth est accessoire car on perd l’avantage de la lecture Hi-Res. Si on se met à utiliser fréquemment le Bluetooth, on risque de ne plus utiliser l’application Octavio. Alors qu’un récepteur Bluetooth seul coûte une vingtaine d’euros.

A l’écoute : une restitution impeccable, sauf en Hi-Res 24/96 & 24/44.1

Cette application Linkplay est très bien, je la connais par cœur. Elle a l’avantage d’intégrer nativement Deezer, Qobuz et Tidal. Elle est simple et facile d’accès même s’il manque des fonctions avancées lorsqu’on la compare aux ténors du domaine comme Sonos ou Bluesound.

L’installation s’effectue via des confirmations vocales en français. D’ailleurs, au début la voix demande de poursuivre l’installation via l’application “Virtuose” alors qu’elle s’appelle Octavio. Un changement de nom en perspective ?

Côté son, il n’y a rien à dire. C’est propre, défini, ouvert, il ne manque rien. La qualité que l’on attend d’un tel produit est au rendez-vous pour envisager une association aussi bien avec une chaîne HiFi ancienne qu’avec un amplificateur et des enceintes modernes. Même au sein d’un système jusqu’à 1000 euros ou un peu plus. On est dans l’esprit d’un Raspberry Pi bien configuré en audio (style Volumio ou VitOS) ou d’un Chromecast Audio relié en optique. Après, il existe un gap lorsque l’on passe aux récepteurs audio numériques coûtant 500 € et plus qui vont apporter plus de précision, de stabilité, de chaleur. Mais ce n’est pas l’objet de l’Octavio d’aller marcher sur les plates-bandes des produits audiophiles.

J’ai pu confirmer avec mon DAC que la lecture en 24 bits et 192 kHz passait parfaitement bien. Cependant, l’Octavio n’accepte pas les fichiers en 24/96 et 24/44.1. Dans ce cas, le lecteur envoie du bruit rose à 44.1 kHz. Un bug qu’il devrait être possible de corriger via une mise à jour firmware. J’ai pu reproduire ce bug avec Qobuz et des fichiers locaux lus en UPnP.

Concernant l’écoute en multiroom, grouper deux zones ensemble est très facile depuis la liste des lecteurs. Seulement, deux choses sont absentes sur l’écran de lecture :

  • il manque une indication comme quoi des zones sont groupées (seul le nom de la zone maître apparaît),
  • il n’est pas possible de gérer le volume indépendamment des deux zones depuis la page de lecture (seulement depuis la liste des appareils), et ça c’est primordial à mon sens.

Octavio : vivement la suite !

En résumé, le produit tient ses promesses sur le service audio qu’il assure en ajoutant l’accès aux abonnements musicaux, le DLNA, Spotify Connect et le Bluetooth à n’importe quelle chaîne HiFi existante. Ou à des enceintes amplifiées. Et j’aime bien aussi le discours d’anti-obsolescence autour du produit même s’il mériterait d’être plus en avant.

Pour moi le tarif est trop élevé. Le Triangle AIO C (139 €) justifie son tarif par la notoriété de la marque et son écosystème AIO, ainsi que la double sortie audio séparée analogique et numérique. L’Audiocast M5 est très accessible à 35 € car il n’a pas de sortie numérique, pas de Bluetooth et la marque est peu connue mais il ajoute Apple AirPlay ! Le prix de l’Octavio aurait dû se situer entre les deux.

D’ailleurs, le prix annoncé au départ avait été fixé à 99 €. Il me semble que c’était plus réaliste que 149 €. En dehors du Bluetooth et de la Hi-Res, la justification se trouve également dans la fabrication française. Mais est-ce que les consommateurs seront suffisamment sensibles à cet argument ? Quand on peut avoir pour moins cher un produit à l’application mobile identique, quitte à perdre quelques fonctions ?

Il faut tout de même reconnaître une grande qualité à l’équipe Octavio : ils sont allés au bout du projet et ont délivré le produit ! Bien sûr, il y a eu un peu de retard et la pandémie actuelle n’a pas vraiment aidé. Pourtant, rares sont les projets Kickstarter qui vont jusqu’au bout. C’est le cinquième projet auquel je participais et seulement le deuxième où j’ai réellement reçu le produit final. Un grand bravo à eux pour cela, la base est là pour développer de nouvelles choses.

Ma conclusion est la suivante : je ne peux pas conseiller le produit tel qu’il est aujourd’hui. Il y a des choses à corriger obligatoirement : le volume indépendant en multiroom depuis la page de lecture, la lecture 24/96 & 24/44.1 impossible, la finition de l’éclairage interne, le nom de l’app lors de l’installation. Et le prix, soit à redescendre, soit à justifier par un discours made in France/anti-obsolescence bien plus marqué.

Bien qu’étant en contact proche avec l’équipe Octavio, je n’ai pas souhaité leur partager mon avis avant la publication de cet article. J’assume cet avis et mes reproches, les commentaires leur sont ouverts s’ils le souhaitent.

Maintenant, il ne reste plus qu’à suivre comment Octavio va se développer, corriger ou non les points négatifs à mes yeux, et de quelle façon les consommateurs vont accueillir le produit ! Car tout cela n’est que mon avis peut-être biaisé de spécialiste du domaine, le client aura le mot de la fin.

Source : Octavio


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6 commentaires

  1. Bonjour Alban, et merci pour votre article !

    Ce genre de retour constructif nous permet chaque jour à améliorer le produit. Je me permets de revenir sur certains points pour pouvoir justifier nos choix, ou les problèmes rencontrés.

    Concernant l’éclairage, c’est en effet un problème de production, qui sera corrigé lors de la prochaine série. À ce titre, nous nous engageons à procéder à des remplacements si le client en fait la demande.

    Concernant le choix de travailler avec Linkplay, c’est en effet une décision qui nous a permis d’intégrer l’intégralité des services de streaming dans Octavio, chose qui n’aurait pas été possible autrement. Ceci nous permet de bénéficier d’une technologie fiable, suivie, et régulièrement mise à jour.

    Néanmoins, concernant l’application, il est vrai que de nombreuses choses sont à améliorer, aussi bien du point de vue fonctionnalités que du côté de l’ergonomie (le fait que vous n’ayez pas trouvé où adapter le volume en multiroom de chaque appareil en est la preuve). La bonne nouvelle, c’est que tout peut être fait à distance, et que notre équipe travaille activement dessus pour combler au plus vite ceci.

    Concernant la lecture de fichiers en 24/96, c’est assez étrange, tout semble fonctionner de notre côté (aussi bien depuis UPnP, que Qobuz ou Tidal, jusqu’en 24/192). Nous allons investiguer et corriger ceci.

    J’espère avoir répondu à vos intégrations, et serais ravi de vous partager au plus vite les correctifs annoncés plus haut.

    À très vite !

    David, co-fondateur d’Octavio

    1. Bonjour David et merci pour ce retour extrêmement rapide suite à la publication du test.

      Je vois que vous êtes à l’écoute et réactif pour le suivi et les améliorations, ce qui est bien le plus important !

      Les lecteurs pourront ainsi voir que la plupart des points que j’ai remonté sont pris en compte et vont être corrigés.

      De mon côté, je corrigerai le test en conséquence.

      A bientôt !

  2. Bonjour,

    J’ai lu votre test avec intérêt, d’autant plus que je me questionne sur une solution pour pouvoir profiter de la haute résolution offerte par Qobuz sur ma chaine (Dac 100 Signature, Ampli Atoll IN200 SE et enceintes Planet L Elipson secondées par un caisson Mosscade Titan 7.3), jusqu’ à présent j’écoutait Apple music par le biais de l’Apple TV, mais je viens de passer sur Qobuz et l’apple TV est bridée en qualité CD.
    Aussi, je viens de commander un câble Toslink Jack pour raccorder mon Macbook pro en otpique sur le Dac, mais l’octavio me semble une bonne solution (sans fil). Dans votre test vous parlez de soucis avec certaines résolutions, là dessus je pense qu’ils vont réagir, en revanche vous sembler trouver qu’il y a mieux en qualité de son, est-ce à cause du dac intégré? Cela peut il être contourné en raccordant l’Octavio en optique sur un Dac de meilleure qualité?
    Merci par avance pour votre retour.

    1. Bonjour,

      Effectivement, l’équipe d’Octavio m’a confirmé que le problème avec certaines résolutions avait été corrigé.

      Il y a toujours mieux en qualité sonore, cela dépend où l’on place ses attentes. Dans sa catégorie accessible (jusqu’à 200 €), vous obtiendrez peu voire aucune différence en choisissant l’un ou l’autre de ses concurrents. Autant choisir la solution d’une entreprise française. 🙂

      Pour passer un cap qualitatif, il faudrait investir au moins 500 € et plus (type Primare NP5 ou SOtM sMS-200 par exemple).

        1. Effectivement, dans ce cas le DAC interne est bypassé.

          Cependant, si la sortie numérique optique (ou coaxiale) de tous les streamers, quel que soit leur prix, avait strictement la même qualité, ce serait trop facile. 🙂

          Il y a bien des différences entre les sorties numériques des streamers : qualité des composants en amont, traitement et respect du signal, réjection des parasites, qualité de la connectique de sortie et des composants associés.

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