Quelle est la rémunération des artistes par les services de streaming en 2017 ?

Les services de streaming principaux, gratuits et sur abonnement, ont été analysés par Information is Beautiful. On peut évidemment confirmer que les artistes sont très peu rémunérés par ces plateformes. Est-ce que ces dernières génèrent alors plus de profits à leur avantage ? Les chiffres confirment également que ce n’est pas du tout le cas !

Près de 100 millions d’abonnés payants aux services de streaming

L’étude porte sur l’analyse des plateformes de streaming suivantes, utilisés pour écouter de la musique ou en regarder les versions vidéo :

Ces huit services totalisent 1,273 millards d’utilisateurs. Si on enlève le milliard de YouTube à lui seul, on arrive à 273 millions pour les sept services de streaming purement audio.
Sur les 1,273 milliards, 93 millions d’utilisateurs ont choisi la version payante de ces services.
Pour certains il y a le choix entre une version gratuite et l’abonnement, comme Spotify ou Deezer, pour d’autres il n’existe qu’une version payante (Napster et Apple Music).
Spotify capte à lui seul plus de la moitié des 93 millions du marché rémunérateur avec 50 millions d’abonnés payants.
Est-ce pour autant que cela lui génère des profits supérieurs à ses concurrents ? Il n’en est rien !

Une rémunération des artistes toujours aussi peu élevée

Google et Apple ne communiquent pas sur leurs résultats. Les six autres services de streaming perdent tous de l’argent chaque année : de 27 millions de dollars pour Deezer jusqu’à 250 millions de pertes pour Pandora.
Pourtant, on ne peut pas dire que ce soit le taux de rémunération des artistes qui viennent gréver les profits.
Que l’on prenne les artistes sous contrat avec des maisons de disques (signed) ou les indépendants (unsigned), les chiffres sont tous extrêmement faibles.
YouTube rémunère les artistes indépendants seulement 0,0006 $ par écoute. Le plus généreux est Napster avec 0,016 $ de rémunération par écoute.

  1. Napster : 0,016 $
  2. Tidal : 0,011 $
  3. Apple Music : 0,0064 $
  4. Google Play Music : 0,0059 $
  5. Deezer : 0,0056 $
  6. Spotify : 0,0038 $
  7. Pandora Premium : 0,0011 $
  8. Youtube : 0,0006 $

L’étude a remis en comparaison le nombre de fois qu’un morceau doit être écouté sur un mois pour qu’un artiste gagne l’équivalent du salaire minimum américain, soit 1.472 $ :

  1. Napster : 77.474 fois
  2. Tidal : 117.760 fois
  3. Apple Music : 200.272 fois
  4. Google Play Music : 217.751 fois
  5. Deezer : 230.000 fois
  6. Pandora Premium : 1.106.767 fois
  7. Spotify : 336.842 fois
  8. Youtube : 2.133.333 fois

On se rend compte que ce sont évidemment des chiffres inatteignables pour la très grande majorité des artistes.

La tendance : streaming audio + musique vivante

Le streaming audio avec ou sans abonnement est en train de sauver l’industrie de la musique (voir aussi : Les services de streaming audio donnent un coup de boost à l’industrie musicale).
Cependant, même si la plupart des artistes sont présents sur toutes les plateformes, ce qui cumule leurs revenus, seuls les grands noms de la musique peuvent espérer tirer leur épingle du jeu grâce aux revenus issus du streaming.
Pour la plupart des artistes, indépendants ou non, cette étude confirme que la musique vivante à travers les concerts et les festivals est bien leur seule issue viable en 2017.
Les ventes de CD sont en perte de vitesse, celle du vinyle sont anecdotiques. N’oubliez pas les téléchargements de musique et de vidéos. Malgré la popularité croissante des services de streaming audio, ils sont limités par la couverture de l’Internet mobile et le coût de la bande passante. Malheureusement, pas partout en Europe, il existe une connexion Internet mobile 4G stable qui permet aux utilisateurs d’écouter des services de streaming audio sur des téléphones portables sans interruption, même si on paie un abonnement pour eux. C’est pourquoi les consommateurs préfèrent toujours enregistrer une piste audio ou une vidéo YouTube hors ligne à l’aide de divers outils tels que les téléchargements payants iTunes, SoundCloud, les add-ons Scrobbling de Last.fm ou Convertisseur MP3 et Vidéo de YouTube par Freemake. Le téléchargement de la musique à l’avance garantit que les consommateurs peuvent écouter les artistes préférés à tout moment et en tout lieu. Toutefois, le service de streaming audio ne garantit pas la disponibilité 24/7 du contenu prépayé. Si l’on se place du point de vue des consommateurs, l’équation streaming audio + musique vivante semble désormais être l’idéal !
Quelles est la rémunération des artistes par les services de streaming en 2017
Source : Information is Beautiful
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6 commentaires

  1. Salut et merci pour la rédaction.
    Ca serait sympa que deezer et Spotify nous disent comment sont divisés nos 10€/mois.
    Pour ce qui est de la faiblesse des rémunérations des artistes, les majors avaient déjà pris de l’avance. Rien de tel qu’un spectacle vivant, plus cher peut être mais musique gratuite derrière voir même une clef usb du concert.

    1. Voici ce que j’ai trouvé, même si ça date de 2014, ça reste intéressant ! En gros, c’est la production et l’acheminement de la musique qui coûtent le plus cher (un peu comme la logistique d’un CD du pressage jusqu’aux bacs de la FNAC 🙂 ).
      Répartition abonnement streaming
      Source : Clubic

  2. Merci pour vos informations, car nous allons bientôt mettre en ligne une plateforme de streaming basé en Afrique.
    Et on voulait bien avoir des différents prix des renumérotation des artistes, et comment géré nos abonnés

  3. « Rien de tel que le spectacle vivant » mieux vaut lire ça que d’être aveugle… pour pouvoir jouer dans des salles dignes de ce nom, les artistes doivent payer de leur poches la location de la salle, la promotion du concert, du matériel de sonorisation…
    Pour pouvoir enregistrer de la musique correctement, ils doivent soit investir dans du matériel digne de ce nom, soit payer un studio. Puis payer un réalisateur pour faire une vidéo qui ne sera pas non plus monétisée (ou si peu) par youtube.
    Le processus de démoralisation et d’amateurisation de la musique est honteux. Il faut être débile pour ne pas voir que nous vivons sous une époque de censure. Plus personne ne veut être artiste engagé, ni ne peut miser du temps sur l’art lui-même vu qu’il est si peu rémunérateur.
    Le public a désormais foison d’arstistes mainstream débiles, superficiels et sans saveur imposés par les labels et la politique d’analphabétisation et de déculturisation. Et tout le monde s’en fout.

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